Taroudant ville des remparts.
- Pour des raisons stratégiques la ville a été entourée de remparts dès sa construction.
- La construction des remparts remonte à des époques historiques différentes: époque Almoravide(dès 1056), Almohade (dès 1140), Mérinide (dès 1270) et surtout àl’époque Saâdienneàpartir de 1515, mais seul des fouilles archéologiques pourront déterminer avec exactitude l’époque de construction de chaque partie.
- Les remparts de Taroudant se distinguent sur plusieurs niveaux:
Au niveau des matériaux de constructions (Terre, chou, graviers, briques rouges)..
Au niveau de l’architecture (trois parties: la muraille, le chemin de garde et le chemin de ronde)...
Au niveau de la forme des portes arcs simples sans cassures.
Une partie des remparts de la kasbah de Taroudant.
La muraille et le chemin de garde de Taroudant.
Taroudant la porte Bab Targhount(porte de la conquête).
Quelques notions caractérisant la conception de la médina de Taroudant.
L’équilibre entre les espaces battis et les espaces verts
Cet équilibre servait à jouer plusieurs rôles:
Fonction économique: Production agricole autosuffisance.
Fonction stratégique: Résistance aux états de sièges de longue durée que connaissaitla ville fréquemment.
Fonction écologique: Purification de l’air et adoucissement du climat.
Fonction socio culturelle: Servir d’espace de piques niques (Nzaha) qui étaient à l’origine de l’apparition de plusieurs arts populaires locaux tel que la Dekka, le Malhoune…

L’eau ruisselle dans Taroudant, des séguias la traversent de toute part.
Quatre «Séguias» traversaient la ville de Taroudant avec un système d’irrigation très perfectionné comme en témoignent des documents historiques datant du 16ème siècle. Ces seguias servaient à:
Fournir l’eau pour irriguer les champs.
Adoucir l’atmosphère dans un climat chaud et semi aride.
En plus des seguias, d’autres sources d’eau potable existaient, tel que:
Les fontaines édifiées par les Saâdiens tout près des principales mosquées (Jamaa lkbir, Ferk Lhbab, Sidi ou sidi…).
La nappe phréatique n’était pas aussi profonde ce qui permettait à Chaque maison d’avoir son propre puits.
La verdure de Taroudannt, la fertilité de ses champs ont impressionné tous ses visiteurs: géographes, historiens, voyageurs…
Tel que: Al Idrisi, Ibn Idari…dont les livres nous fournissent de fabuleuses descriptions.

Taroudant, la distinction entre quartiers fonctionnels et quartiers résidentiels.
- Principe de non préjudice: Comme valeur de civilisation et d’architecture.
- Principe de l’intimité familiale: Séparation des quartiers, espaces clos, cours intérieure, ruelles en impasses.
- Solidarité sociale:
Les placettes à l’intérieur des quartiers accueillaient les festivités, les activités féminines collectives et les jeux d’enfants…
La modestie des ornements extérieurs des habitations.
Taroudant, la fonction comme concept spatial.
la médina se compose de plusieurs quartiers qui se distinguent par leurs fonctions: des quartiers d’habitation, un quartier administratif, un quartier culturel, des quartiers commerciaux, etc. Le passage d’un quartier à l’autre se fait sans rupture brutale ni discontinuité spatiale.
Seul le spectacle urbain change selon la fonction des quartiers:
Quartiers commerciaux:
Rues ouvertes, boutiques alignées, absence d’étage, fondouks et kissarias comme espaces clos.
Quartier culturel:
Toutes les rues mènent à la grande mosquée (Djamaa lkebir).
Quartiers d’habitation:
Ils offrent des éléments architecturaux spécifiques comme la sabba ( ruelle couverte avec des ouvertures qui laissent pénétrer la lumière), la doukana (un banc en dur pour s’asseoir), la placette sur laquelle finit la rue en impasse, etc.
Taroudant, changement du tissu urbain selon la fonction

Des techniques caractérisant l’architecture de la médina de Taroudant.
Passage couvert: La Saba
La saba n’est pas seulement une technique architecturale mais elle représente aussi des dimensions culturelles et humaines:
- Elle incarne la notion de l’utilité publique.
- Elle représente une architecture bien adaptée au climat.
- Elle assure l’équilibre entre l’ombre et la lumière.
Taroudant, les portes en chicane.
La notion de la chicane est présente dans les cinq portes de la ville, ce qui leur permet de jouer plusieurs fonctions:
- La fonction militaire défensive:
Empêcher l’ennemi de s’introduire dans la ville.
- La fonction d’imposition :
Elle permet la distinction des différentes composantes des caravanes venant du «Soudan occidental» ce qui facilite leur imposition.
- Fonction sécuritaire :
Elle permet la vérification de l’identité des étrangers pénétrant dans la ville.
Taroudant, concept d’espace clos.
Ce principe se manifeste sous plusieurs aspects:
- La forme des places où se concentrent les commerces et la circulation.
- La rue elle-même devient un espace clos quand elle change de direction.
- Les remparts entourant la ville.
- L’habitation qui s’organise autour de la cour intérieure.
- La kissaria et le foundouk sont aussi une illustration évidente de ce principe architectural.
L’espace clos peut prendre des formes différentes: rectangulaire, circulaire, ce qui enrichit davantage le patrimoine architectural de la Médina de Taroudant
Taroudant, concept d’aération.
Ce concept se manifeste sous divers aspects:
- A l’intérieur même des remparts, le tissu urbain de la médina s’aère par ses vergers et ses zones de cultures vivrières.
-Dans les quartiers l’espace construit s’aère par ses places et placettes (les wasaa).
-En arrivant à la place (assarag), à laquelle on aboutit par d’ étroites ruelles, on ressent comme une bouffée d’air, une impression de plaisir, seul l’effet produit par l’urbaniste est ressenti.
- La kissaria et le foundouk ainsi que la cour intérieure de la maison traduisent parfaitement ce principe architectural.
Tous ces espaces favorisent la communication au sens le plus large du mot.
Taroudant, concept de la chicane (passage en zigzag):
C’est un concept de transition qui a une traduction spatiale
- Le passage d’un quartier à l’autre se fait par le biais d’un espace en chicane pour bien marquer la transition.
- Pour accéder à la maison la transition se fait par un espace couvert et en chicane avant d’arriver à la porte qui donne sur la cour intérieure (aagoumi).
- La porte «Bab sedra» qui assure le passage de la médina au quartier administratif «la Kasba» est une illustration parfaite de ce concept de la chicane.
- Le passage de la campagne environnante à l’intérieur de la ville s’effectue aussi selon le même principe: par cinq portes en chicane
L’architecture de la médina de Taroudant reflète une parfaite harmonie entre l’urbain et le rural.
Suite aux vagues successives des exodes qu’a connu la ville de Taroudant à travers son histoire mouvementée, Taroudant s’est constituée progressivement une architecture intermédiaire spécifique au niveau :
- Des matériaux de construction très variés (terre, chou, briques de terre, tadellakte, l’enduit en terre et paille …).
- Des techniques: à côté des arcs d’une grande finesse, des dômes bien élevés, on trouve des portes basses et étroites, des toits plats…
- Du lexique technique on utilise des mots arabes tel que (Lmrah, Lbhou...) Associés aux mots berbères: (Amoukdar, Akfif…)
Patrimoine architectural de Taroudant
La sauvegarde du
patrimoine riche et
inestimable s’avère
d’une grande nécessité.
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